«Vive la Réforme! à bas Guizot!»
Les amis de Frédéric étaient là, bien sûr. Ils allaient l’apercevoir et l’entraîner. Il se réfugia vivement dans la rue de l’Arcade.
Quand les étudiants eurent fait deux fois le tour de la Madeleine, ils descendirent vers la place de la Concorde. Elle était remplie de monde; et la foule tassée semblait, de loin, un champ d’épis noirs qui oscillaient.
Au même moment, des soldats de la ligne se rangèrent en bataille, à gauche de l’église.
Les groupes stationnaient cependant. Pour en finir, des agents de police en bourgeois saisissaient les plus mutins et les emmenaient au poste brutalement. Frédéric, malgré son indignation, resta muet; on aurait pu le prendre avec les autres, et il aurait manqué Mme Arnoux.
Peu de temps après, parurent les casques des municipaux. Ils frappaient autour d’eux à coups de plat de sabre. Un cheval s’abattit; on courut lui porter secours: et, dès que le cavalier fut en selle, tous s’enfuirent.
Alors, il y eut un grand silence. La pluie fine, qui avait mouillé l’asphalte, ne tombait plus. Des nuages s’en allaient, balayés mollement par le vent d’ouest.
Frédéric se mit à parcourir la rue Tronchet, en regardant devant lui et derrière lui.
Deux heures enfin sonnèrent.
«Ah! c’est maintenant! se dit-il, elle sort de sa maison, elle approche; et, une minute après: «Elle aurait eu le temps de venir.» Jusqu’à trois heures, il tâcha de se calmer. «Non, elle n’est pas en retard; un peu de patience!»