Arnoux prit leur défense; Frédéric s’en mêla, les appelant des maisons de commerce pareilles aux autres. Leurs écrivains, généralement, étaient des imbéciles ou des blagueurs; il se donna pour les connaître et combattait par des sarcasmes les sentiments généreux de son ami. Mme Arnoux ne voyait pas que c’était une vengeance contre elle.

Cependant le vicomte se torturait l’intellect afin de conquérir Mlle Cécile. D’abord, il étala des goûts d’artiste, en blâmant la forme des carafons et la gravure des couteaux. Puis il parla de son écurie, de son tailleur et de son chemisier; enfin, il aborda le chapitre de la religion et trouva moyen de faire entendre qu’il accomplissait tous ses devoirs.

Martinon s’y prenait mieux. D’un train monotone, et en la regardant continuellement, il vantait son profil d’oiseau, sa fade chevelure blonde, ses mains trop courtes. La laide jeune fille se délectait sous cette averse de douceurs.

On n’en pouvait rien entendre, tous parlant très haut. M. Roque voulait pour gouverner la France «un bras de fer». Nonancourt regretta même que l’échafaud politique fût aboli. On aurait dû tuer en masse tous ces gredins-là!

«Ce sont même des lâches, dit Fumichon. Je ne vois pas de bravoure à se mettre derrière les barricades!

—A propos, parlez-nous donc de Dussardier!» dit M. Dambreuse en se tournant vers Frédéric.

Le brave commis était maintenant un héros, comme Sallesse, les frères Jeanson, la femme Péquillet, etc.

Frédéric, sans se faire prier, débita l’histoire de son ami; il lui en revint une espèce d’auréole.

On arriva tout naturellement à relater différents traits de courage. Suivant le diplomate, il n’était pas difficile d’affronter la mort, témoin ceux qui se battent en duel.

«On peut s’en rapporter au vicomte», dit Martinon.