Elle a été l’Hélène des Troyens, dont le poète Stesichore a maudit la mémoire. Elle a été Lucrèce, la patricienne violée par les rois. Elle a été Dalila, qui coupait les cheveux de Samson. Elle a été cette fille d’Israël qui s’abandonnait aux boucs. Elle a aimé l’adultère, l’idolâtrie, le mensonge et la sottise. Elle s’est prostituée à tous les peuples. Elle a chanté dans tous les carrefours. Elle a baisé tous les visages.

A Tyr, la Syrienne, elle était la maîtresse des voleurs. Elle buvait avec eux pendant les nuits, et elle cachait les assassins dans la vermine de son lit tiède.

ANTOINE.

Eh! que me fait!...

SIMON

d’un air furieux:

Je l’ai rachetée, te dis-je,—et rétablie en sa splendeur; tellement que Caïus César Caligula en est devenu amoureux, puisqu’il voulait coucher avec la Lune!

ANTOINE.

Eh bien?...

SIMON.