Mais c’est elle qui est la Lune! Le pape Clément n’a-t-il pas écrit qu’elle fut emprisonnée dans une tour? Trois cents personnes vinrent cerner la tour; et à chacune des meurtrières en même temps, on vit paraître la lune,—bien qu’il n’y ait pas dans le monde plusieurs lunes, ni plusieurs Ennoia!
ANTOINE.
Oui... je crois me rappeler...
Et il tombe dans une rêverie.
SIMON.
Innocente comme le Christ, qui est mort pour les hommes, elle s’est dévouée pour les femmes. Car l’impuissance de Jéhovah se démontre par la transgression d’Adam, et il faut secouer la vieille loi antipathique à l’ordre des choses.
J’ai prêché le renouvellement dans Éphraïm et dans Issachar, le long du torrent de Bizor, derrière le lac d’Houleh, dans la vallée de Mageddo, plus loin que les montagnes, à Bostra et à Damas! Viennent à moi ceux qui sont couverts de vin, ceux qui sont couverts de boue, ceux qui sont couverts de sang; et j’effacerai leurs souillures avec le Saint-Esprit, appelé Minerve par les Grecs! Elle est Minerve! elle est le Saint-Esprit! Je suis Jupiter, Apollon, le Christ, le Paraclet, la grande puissance de Dieu, incarnée en la personne de Simon!
ANTOINE.
Ah! c’est toi!... c’est donc toi? Mais je sais tes crimes!
Tu es né à Gittoï, près de Samarie. Dosithéus, ton premier maître, t’a renvoyé! Tu exècres saint Paul pour avoir converti une de tes femmes; et vaincu par saint Pierre,—de rage et de terreur tu as jeté dans les flots le sac qui contenait tes artifices!