Les animaux de son zodiaque se retrouvaient dans ses pâturages, emplissaient de leurs formes et de leurs couleurs son écriture mystérieuse. Divisée en douze régions comme l’année l’est en douze mois,—chaque mois, chaque jour ayant son dieu,—elle reproduisait l’ordre immuable du ciel; et l’homme en expirant ne perdait pas sa figure; mais, saturé de parfums, devenu indestructible, il allait dormir pendant trois mille ans dans une Égypte silencieuse.

Celle-là, plus grande que l’autre, s’étendait sous la terre.

On y descendait par des escaliers conduisant à des salles où étaient reproduites les joies des bons, les tortures des méchants, tout ce qui a lieu dans le troisième monde invisible. Rangés le long des murs, les morts dans des cercueils peints attendaient leur tour; et l’âme exempte des migrations continuait son assoupissement jusqu’au réveil d’une autre vie.

Osiris, cependant, revenait me voir quelquefois. Son ombre m’a rendue mère d’Harpocrate.

Elle contemple l’enfant.

C’est lui! Ce sont ses yeux; ce sont ses cheveux, tressés en cornes de bélier! Tu recommenceras ses œuvres. Nous refleurirons comme des lotus. Je suis toujours la grande Isis! nul encore n’a soulevé mon voile! Mon fruit est le soleil!

Soleil du printemps, des nuages obscurcissent ta face! L’haleine de Typhon dévore les pyramides. J’ai vu tout à l’heure le sphinx s’enfuir. Il galopait comme un chacal.

Je cherche mes prêtres,—mes prêtres en manteau de lin, avec de grandes harpes, et qui portaient une nacelle mystique, ornée de patères d’argent. Plus de fêtes sur les lacs! plus d’illumination dans mon delta! plus de coupes de lait à Philæ! Apis, depuis longtemps, n’a pas reparu.

Égypte! Égypte! tes grands Dieux immobiles ont les épaules blanchies par la fiente des oiseaux, et le vent qui passe sur le désert roule la cendre de tes morts!—Anubis, gardien des ombres, ne me quitte pas!

Le cynocéphale s’est évanoui.