Phanuel surgit à l’angle d’un couloir.
«Ah! encore? Tu viens pour Iaokanann, sans doute?
—Et pour toi! j’ai à t’apprendre une chose considérable.»
Et, sans quitter Antipas, il pénétra, derrière lui, dans un appartement obscur.
Le jour tombait par un grillage, se développant tout du long sous la corniche. Les murailles étaient peintes d’une couleur grenat, presque noire. Dans le fond s’étalait un lit d’ébène, avec des sangles en peau de bœuf. Un bouclier d’or, au-dessus, luisait comme un soleil.
Antipas traversa toute la salle, se coucha sur le lit.
Phanuel était debout. Il leva son bras, et dans une attitude inspirée:
«Le Très-Haut envoie par moments un de ses fils. Iaokanann en est un. Si tu l’opprimes, tu seras châtié.
—C’est lui qui me persécute! s’écria Antipas. Il a voulu de moi une action impossible. Depuis ce temps-là il me déchire. Et je n’étais pas dur, au commencement! Il a même dépêché de Machærous des hommes qui bouleversent mes provinces. Malheur à sa vie! Puisqu’il m’attaque, je me défends!
—Ses colères ont trop de violence, répliqua Phanuel. N’importe! Il faut le délivrer.