Juillet 1830. Marmont lui apprend l’état des affaires. Alors il entre dans une telle fureur qu’il se blesse la main à l’épée du général.
Le roi lui confie le commandement de toutes les forces.
Il rencontre au bois de Boulogne des détachements de la ligne et ne trouve pas un seul mot à leur dire.
De Saint-Cloud, il vole au pont de Sèvres. Froideur des troupes. Ça ne l’ébranle pas. La famille royale quitte Trianon. Il s’assoit au pied d’un chêne, déploie une carte, médite, remonte à cheval, passe devant Saint-Cyr et envoie aux élèves des paroles d’espérance.
A Rambouillet, les gardes du corps font leurs adieux.
Il s’embarque, et pendant toute la traversée est malade. Fin de sa carrière.
On doit y relever l’importance qu’eurent les ponts. D’abord, il s’expose inutilement sur le pont de l’Inn, il enlève le pont Saint-Esprit et le pont de Lauriol; à Lyon, les deux ponts lui sont funestes, et sa fortune expire devant le pont de Sèvres.
Tableau de ses vertus. Inutile de vanter son courage, auquel il joignait une grande politique. Car il offrit à chaque soldat soixante francs pour abandonner l’empereur, et en Espagne il tâcha de corrompre à prix d’argent les constitutionnels.
Sa réserve était si profonde qu’il consentit au mariage projeté entre son père et la reine d’Étrurie, à la formation d’un cabinet nouveau après les ordonnances, à l’abdication en faveur de Chambord, à tout ce que l’on voulait.
La fermeté pourtant ne lui manquait pas. A Angers, il cassa l’infanterie de la garde nationale, qui, jalouse de la cavalerie et au moyen d’une manœuvre, était parvenue à lui faire escorte, tellement que Son Altesse se trouva prise dans les fantassins à en avoir les genoux comprimés. Mais il blâma la cavalerie, cause du désordre, et pardonna à l’infanterie: véritable jugement de Salomon.