Les pâles rayons d’un soleil d’octobre s’allongeaient derrière les bois, un vent humide soufflait;—et, en marchant sur les feuilles mortes, ils respiraient comme délivrés.

Tout ce qu’ils n’avaient pu dire s’échappa en exclamations:

«Quels idiots! quelle bassesse! Comment imaginer tant d’entêtement! D’abord que signifie le droit divin?»

L’ami de Dumouchel, ce professeur qui les avait éclairés sur l’esthétique, répondit à leur question dans une lettre savante.

La théorie du droit divin a été formulée sous Charles II par l’Anglais Filmer.

La voici:

«Le Créateur donna au premier homme la souveraineté du monde. Elle fut transmise à ses descendants, et la puissance du roi émane de Dieu: «Il est son image, écrit Bossuet. L’empire paternel accoutume à la domination d’un seul. On a fait les rois d’après le modèle des pères.

«Locke réfuta cette doctrine. Le pouvoir paternel se distingue du monarchique, tout sujet ayant le même droit sur ses enfants que le monarque sur les siens. La royauté n’existe que par le choix populaire,—et même l’élection était rappelée dans la cérémonie du sacre, où deux évêques, en montrant le roi, demandaient aux nobles et aux manants s’ils l’acceptaient pour tel.

«Donc le pouvoir vient du peuple. Il a le droit «de faire tout ce qu’il veut», dit Helvétius, «de changer sa constitution», dit Vattel, «de se révolter contre l’injustice», prétendent Glafey, Hotman, Mably, etc.!—et saint Thomas d’Aquin l’autorise à se délivrer d’un tyran. «Il est même, dit Jurieu, dispensé d’avoir raison.»

Étonnés de l’axiome, ils prirent le Contrat social de Rousseau.