«Remercions la Providence! disait le curé, et après elle Louis Bonaparte. Il s’entoure des hommes les plus distingués! Le comte de Faverges deviendra sénateur.»

Le lendemain, ils eurent la visite de Placquevent.

Ces messieurs avaient beaucoup parlé. Il les engageait à se taire.

«Veux-tu savoir mon opinion? dit Pécuchet.

«Puisque les bourgeois sont féroces, les ouvriers jaloux, les prêtres serviles,—et que le peuple enfin accepte tous les tyrans, pourvu qu’on lui laisse le museau dans sa gamelle, Napoléon a bien fait!—qu’il le bâillonne, le foule et l’extermine!—ce ne sera jamais trop pour sa haine du droit, sa lâcheté, son ineptie, son aveuglement!»

Bouvard songeait: «Hein, le progrès, quelle blague!» Il ajouta: «Et la politique, une belle saleté!

—Ce n’est pas une science, reprit Pécuchet. L’art militaire vaut mieux, on prévoit ce qui arrive, nous devrions nous y mettre?

—Ah! merci! répliqua Bouvard. Tout me dégoûte. Vendons plutôt notre baraque et allons «au tonnerre de Dieu, chez les sauvages»!

—Comme tu voudras!»

Mélie, dans la cour, tirait de l’eau.