Ne souillons plus nos pieds dans leur fange, ne brisons plus nos cœurs contre leur poitrine.
Le suc de l’euphorbe est moins perfide que leurs tendresses, la feuille desséchée qui roule au vent d’automne plus constante que leurs serments...
Assez de fatigue! Tant pis pour eux! Débarrassées de tout soin humain, nous n’en serons que plus heureuses.
Nous ne quitterons plus nos régions natales, la liberté de l’air, des eaux et des bois.
Balançons-nous, suspendues aux lianes des arbres avec la rosée des nuits d’été; courons sur la surface des lacs bleus, cramponnées au dos des demoiselles; remontons vers le soleil, dans les rayons poussiéreux qui passent par le soupirail des celliers! Allons! vive la joie! en avant! Pétales des roses, palpitez! Ondes, murmurez! Lune, lève-toi!
La lune peu à peu s’est levée pendant le chœur des Fées. Elle brille maintenant sur le lac, et les Fées se livrent à une joie extravagante, quand tout à coup, au milieu d’elles, et du sein d’une grosse touffe de bruyères sauvages, occupant le milieu de la scène, apparaît la Reine des Fées. Stupeur générale. Toutes s’écrient: «La Reine!» et s’arrêtent.
SCÈNE II.
LA REINE, LES FÉES.
LA REINE, d’un ton courroucé.
Comment! voilà le soin que vous prenez des hommes!