LES FÉES, se récriant.
Eh! nous n’y pouvons rien. Nous avons tout essayé.
LA REINE, avec véhémence.
Mais quelques minutes encore, songez-y! et nous retombons pendant mille ans sous la domination des gnomes, puisque cette nuit est la dernière qui nous reste pour rendre aux hommes leurs cœurs volés.
UNE FÉE.
Ils ne se plaignent pas d’en manquer, ô reine! Personne, jusqu’à présent, n’a redemandé le sien! Au contraire, il y a des parents qui enseignent à leurs petits...
LA REINE.
Qu’importe! Ignorez-vous donc que les gnomes ne peuvent vivre sans les cœurs des hommes, car c’est pour s’en nourrir qu’ils les dérobent en leur mettant à la place, là (elle désigne sa poitrine) je ne sais quel rouage de leur invention, lequel imite parfaitement bien les mouvements de la nature.
UNE FÉE, riant.
En vérité, on s’y trompe!