PAUL, à demi-voix.
Mais ce serait épouvantable! C’est impossible!
DOMINIQUE, bas et d’une voix effrayée, en montrant le cœur, qui peu à peu grossit démesurément.
Maître! maître! comme il grandit!... comme il s’enfle!
LETOURNEUX, survenant tout à coup derrière Paul et lui frappant sur l’épaule.
Vous voudriez bien me le faire gober, celui-là?
PAUL.
Oui, oui!... Pardon pour ce que je vous ai fait. (Montrant le cœur.) Prenez-le! C’est la paix de la conscience, le pouvoir du bien, l’intelligence de tout ce qui est beau; le moyen de comprendre à la fois l’humanité, la nature et Dieu! (Letourneux sourit ironiquement, sans bouger.) Mais qui êtes-vous donc, pour rester insensible dans l’allégresse de tous? Dans quelle pierre êtes-vous taillé? Vous n’avez donc jamais aimé quelque chose, quelqu’un? Vous n’avez donc rêvé jamais au bonheur de la posséder, au désespoir de le perdre? Ah! s’il ne fallait, pour vous convaincre, que verser mon sang, retourner à l’autre bout du monde, vous servir en esclave! Un peu de pitié! grâce! attendrissez-vous!... Prenez-le!
LETOURNEUX.
Merci, ça gêne trop!