—Vous savez la grande d’abord?
—Oui, et qu’a dit le peuple?
—Lui? rien du tout, il suffit qu’on lui mette un bâillon et il ne dit plus rien.
—Qu’a-t-il été, ce bâillon?
—Une distribution de blé aux pauvres.
—Fort bien. Mais que veux-tu faire de cet enfant?
Et il montrait Richard.
—Ne vous l’ai-je pas dit? le garder, annoncer qu’il est malade, qu’il tombe en langueur, et puis, une nuit, on fait venir dans sa chambre un prêtre et un bourreau, le prêtre sort d’abord, le bourreau ensuite, le jeune prince est mort; le lendemain on fait dire douze messes pour le repos de son âme, et tout est fini. Vous comprenez, sire?
—Oui, je te fais mon premier ministre et je te donne la Normandie que je vais avoir... Ah! ah! je l’aurai, dit-il comme machinalement et en lui-même, je l’aurai donc ce beau fleuron de ma couronne, je serai roi chez moi... Et puis pourquoi n’aurais-je pas la Bourgogne, la Champagne, la Bretagne?... Encore une fois, Arnould, je te fais mon premier ministre.
Et il le congédia en l’embrassant.