Mais notre course s’avance, combien de choses nous avons déjà passées! Si je redescends sur le monde, il me sera trop étroit, je serai gêné dans son atmosphère d’insectes, moi qui vis dans l’infini. Mais où allons-nous? qui nous emporte toujours vers là-haut sans que rien n’apparaisse?

SATAN.

Eh bien, tu irais toujours ainsi des siècles, des éternités, et toujours ce vide s’élargirait devant toi. Oui, le néant est plus grand que l’esprit de l’homme, que la création tout entière; il l’entoure de toutes parts, il le dévore, il s’avance devant lui; le néant a l’infini, l’homme n’a que la vie d’un jour.

SMARH.

Hélas! tout n’est donc qu’abîme sans fin!

SATAN.

Et des Dieux y perdraient leur existence à le sonder.

SMARH.

Jamais, c’est donc le seul mot qui soit vrai?

SATAN.