SATAN.
Quand l’homme marche, son pied glisse, il tombe; quand sa pensée travaille, il glisse aussi, il tombe encore, il roule toujours, tu sais.
Les étoiles disparaissent au ciel, de gros nuages passent sur la lune, la lueur blanche de celle-ci perce à travers; bientôt les ténèbres couvrent le ciel, et l’obscurité n’est interrompue que par les lignes blanches que font les vagues sur les brisants. On entend des cris sauvages, les vagues sont furieuses.
SMARH.
Comme la mer mugit! sa colère est terrible.
SATAN.
Ce sont les œuvres de Dieu, elles frappent, elles déracinent, elles dévorent. Vois comme les rochers sont frappés; entends-tu l’Océan qui les ébranle et qui voudrait les déraciner pour les rouler dans son sein avec les grains de sable?
SMARH.
Comme les vagues sont hautes! (Il se rapproche de lui.) Celle-ci monte, elle va me prendre dans son vaste filet d’écume pour me rouler avec elle... ah! elle tombe, elle meurt... Au secours! au secours!
Il veut fuir. Satan l’arrête.