Tiens, regarde! La cendre me vient jusqu’au ventre, le soleil s’est couché, il n’y a plus sur la plaine qu’une teinte morne et rouge, comme le reflet d’un incendie éteint. Dis-moi donc si l’horizon ne s’éclairera pas et si le soleil dormira toujours dans les ténèbres? Où veux-tu que j’aille? et pour quoi faire? Me donneras-tu des prairies pures, des océans sans tempête, une vie sans amertume et sans vanité?
SATAN.
Non! je veux au contraire que les tempêtes et les vanités soufflent dans ton existence comme le vent dans la voile, t’entraînent vers quelque chose d’immense, d’inconnu, et que moi seul je sais.
SMARH.
Mais ne suis-je pas déjà assez ployé comme un roseau? Tu veux donc que l’orage aille toujours jusqu’à ce qu’il m’ait brisé tout à fait?
SATAN.
Oui! pour te laisser sur quelque grève déserte, où le désespoir, comme un vautour, viendra manger ton âme.
SMARH.
J’irai donc ainsi de dégoûts en dégoûts, repu et toujours traîné aux festins! tu vas me conduire ainsi par les mondes! Oh! j’en ai assez. Grâce! toujours de l’ennui morne et sombre! toujours le doute aux entrailles! pitié! pitié!
SATAN.