Dans d’autres tableaux nous voyons des cordiers tordant ou tournant leurs cordes, des cordonniers assouplissant le cuir, le taillant et le cousant, des menuisiers travaillant à des meubles de toute sorte avec la scie, le maillet, le ciseau, l’herminette et le perçoir à archet. Plus loin ce sont des sculpteurs et des peintres, des fabricants de vases de pierre et des chaudronniers dont nous avons déjà passé en revue les œuvres, et enfin des bijoutiers pesant, fondant et coulant l’or, calibrant et assemblant les pierres fines.


Navigation

On peut dire que les transports, sous l’Ancien Empire, se faisaient uniquement par la voie fluviale. Sur terre, le seul moyen de locomotion était la marche; les ânes servaient seulement de bêtes de somme, et il est extrêmement rare que les hommes aient songé à monter sur leur dos. Quant à la litière ou chaise à porteurs, c’était là un luxe que seuls les grands seigneurs pouvaient s’offrir, quand ils allaient inspecter leurs domaines. Sur l’eau, nous avons déjà vu les petites nacelles en papyrus employées pour la chasse et la pêche; les autres bateaux construits en bois étaient très variés de forme, qu’il s’agît des lourds et solides bachots, munis de rames et de gouvernails, destinés à faire de petits trajets et à transporter des marchandises ou des bestiaux, ou bien des bateaux à rames et à voiles, qui dénotent déjà une grande habitude de la navigation. Dès le début de la IVe dynastie, on employait de façon constante, pour remonter le Nil, de longs bateaux aux extrémités légèrement relevées, portant un gros mât formé de deux madriers qui s’assujettissent dans les deux bordages et ne se réunissent qu’à leur partie supérieure; une vergue se hisse au sommet de ce mât, supportant une voile trapézoïde d’un modèle spécial commandée par deux bras, gros cordages dont un homme assis à la poupe tient les extrémités. Des gouvernails en forme de rames, en plus ou moins grand nombre suivant les dimensions du bateau, servent à donner la direction. Un toit léger, courant au-dessus du pont, fournit aux passagers un abri suffisant. Pour descendre le fleuve, on pliait la voile, on abattait le mât et le bateau suivait le fil du courant, actionné en outre par les rames. Plus tard, vers la fin de l’Ancien Empire, on voit paraître un nouveau modèle de barque, la grande nef pontée, au mât simple portant une voile carrée soutenue par deux vergues; le mode de navigation ne change du reste pas pour cela, et on continue, comme de nos jours encore, à remonter le fleuve à la voile, à le redescendre à la rame.

Les vaisseaux de mer, plus grands et plus forts sans doute que ceux du Nil, en diffèrent à peine quant à la forme générale; les mâts, les voiles, les gouvernails, les rames sont les mêmes, mais il n’y a aucune superstructure, et un énorme câble, allant de la proue à la poupe, assure la solidité de la charpente.