La principale culture est celle des céréales. Nous voyons les laboureurs retourner le sol à l’aide de charrues très simples, à soc de bois, attelées de deux bœufs, car il n’est pas nécessaire de travailler très profondément cette terre meuble et grasse. Derrière eux viennent les semeurs, jetant le grain à la volée, et immédiatement après, on amène des troupeaux de chèvres et de moutons qui, pressés par des ouvriers munis de courbaches, piétinent le champ ensemencé pour faire pénétrer le grain. La moisson se fait au moyen de faucilles de bronze ou de bois armées de lames de silex, avec lesquelles on scie la tige à mi-hauteur; on lie les javelles en gerbe pour les charger sur des ânes qui bon gré mal gré les transportent près de l’aire où on les empile en hautes meules. Plus tard, quand la récolte est sèche, vient le dépiquage: les gerbes sont déliées, étendues sur l’aire et foulées aux pieds par des bœufs ou des ânes, et ce procédé a le double avantage de faire sortir le grain et de hacher la paille qui, comme partout en Orient, sert de fourrage. Les vanneuses ensuite jettent en l’air le grain et le passent au crible, et enfin on mesure la récolte au boisseau et on l’enferme dans les greniers.

La vigne se cultive en berceaux, dans des jardins; au moment de la vendange, des hommes cueillent le raisin mûr, le mettent dans de grands paniers et le portent tout à côté, sur le pressoir, sorte de grande auge surélevée où la récolte est foulée aux pieds par d’autres ouvriers. Le résidu est ensuite mis dans de grands sacs de forte toile, à chaque extrémité desquels est passé un bâton, et on arrive encore à extraire une bonne quantité de jus en tordant énergiquement ce pressoir rudimentaire, opération qui nécessite une pittoresque gymnastique de la part des cinq pressureurs. Enfin le moût est porté au cellier, dans de grandes jarres qu’on ferme et qu’on scelle soigneusement.

Les autres genres de culture, comme la récolte des figues que des hommes ou parfois des singes vont cueillir dans les arbres, ou celle du lin, qui se pratique par arrachage de la tige et non plus à la faucille, sont plus rarement représentées. Enfin quelques scènes de jardinage montrent des ouvriers arrosant soigneusement des carrés de légumes.

Les Egyptiens n’employaient pour leurs vêtements que de la toile de lin, et déjà au début de la IVme dynastie ils étaient passés maîtres dans l’art de filer et de tisser. Parmi les rares échantillons d’étoffes de l’Ancien Empire qui nous sont parvenus, il y a surtout des toiles fines, très fines même; certaines bandelettes de momies royales sont faites au moyen de fil incomparablement plus fin que celui de n’importe quel tissu moderne (un kilo de ce fil représenterait 12 à 18.000 mètres de longueur, selon les calculs des spécialistes). Pour d’autres usages, en particulier pour la fabrication de portières et tentures, on employait des étoffes multicolores plus épaisses, où le tisserand, précurseur des fabricants de tapis orientaux, obtenait par la disposition de ses fils de couleur des compositions ornementales simples, mais du meilleur goût.

Les vanniers faisaient déjà de ces paniers de toute forme qui sont aujourd’hui une spécialité du Soudan égyptien, ouvrages de sparterie très soignés et très fins, aux brins de couleurs heureusement alternés et qui sont en même temps d’une solidité à toute épreuve. Les gens du peuple étaient très habiles à ces sortes de travaux, ainsi les pâtres, tout en surveillant leurs troupeaux, tressaient avec des joncs et d’autres herbes les nattes dont ils faisaient usage, nattes si souples qu’elles se roulaient comme des couvertures et se portaient aisément en bandoulière.