En Orient, chaque roi nouveau se construit généralement une résidence qui n’est pas destinée à durer beaucoup plus longtemps que lui. En Egypte, les palais étaient des constructions légères en briques et bois, couvrant un vaste espace, avec cours centrales, grandes pièces à colonnes et chambres plus petites, bien aérées, dont la disposition devait varier constamment; l’ornementation, qui se faisait sur stuc, était souvent très riche; ainsi, dans les grandes salles d’apparat, le sol, était couvert d’un enduit entièrement peint, représentant un étang plein de poissons, entouré de touffes de plantes et de buissons couverts de fleurs sur lesquels volent des multitudes d’oiseaux, thème décoratif traité avec la fantaisie la plus charmante.

De même que leurs princes, les gens aisés cherchaient à avoir des maisons fraîches et bien aérées, sortes de villas à un ou deux étages placées au milieu de beaux jardins pleins d’arbres fruitiers et qui, avec leurs pièces d’eau et la régularité de leur disposition, font parfois penser aux jardins à la française. Les communs, greniers et pressoir, sont à côté de la maison.

L’Egypte n’ayant pas d’invasion à craindre sous les rois thébains ne fit aucune construction militaire; ce n’est que sous les Saïtes que nous trouvons à la frontière des forteresses comme celle de Daphnae, destinée à la garnison grecque, énorme massif de maçonnerie qui rappelle beaucoup les forts du Moyen Empire. Les monuments nous font par contre connaître les fortifications syriennes avec leurs terrasses et leurs créneaux, et Ramsès III eut même la fantaisie de construire en avant de son temple de Medinet-Habou, en souvenir de ses campagnes, un vrai fort syrien qui est aujourd’hui admirablement conservé.


Temples

Les temples égyptiens du Nouvel Empire sont très nombreux et le plus souvent de dimensions colossales; les dispositions de détails varient de l’un à l’autre, mais le plan d’ensemble est toujours le même, et comporte trois parties principales placées l’une derrière l’autre et donnant au monument la forme d’un rectangle à peu près deux fois plus long que large. En avant est une cour souvent entourée d’une colonnade et précédée d’un double pylone très élevé, flanquant les deux côtés de la porte centrale; puis vient la salle, ou les salles hypostyles où se faisaient les cérémonies publiques du culte, et enfin le sanctuaire, isolé par un couloir sur lequel s’ouvrent encore une série de pièces secondaires destinées à servir de magasins ou de trésors. Dans ce sanctuaire on conservait l’image sainte du dieu, enfermée dans un riche naos ou placée sur une barque qu’on apportait devant la foule pendant les grandes cérémonies. Devant le pylone se dressaient deux obélisques, de hauts mâts portant des banderoles, et souvent des statues colossales de rois; parfois une avenue bordée de sphinx y aboutissait; des statues en plus ou moins grand nombre étaient déposées dans toutes les parties du temple.