Les premières révoltes furent réprimées, mais enfin sous Darius II Ochus, en 405, les Egyptiens secouèrent le joug et substituèrent à la XXVIIme dynastie perse une série de dynasties indigènes, la XXVIIIme d’abord, qui ne compte qu’un seul roi, Amyrtée, d’origine saïte, puis la XXIXme, de Mendès, qui avec Nepherites et Hakoris acheva la délivrance. Des luttes intestines marquèrent seules les courts règnes de leurs successeurs qui furent détrônés en 379 par un prince originaire de Sebennytos, Nekhthorheb ou Nectanébo I, le fondateur de la XXXme dynastie. Ce roi, puis ses successeurs Téos et Nectanébo II, tout en travaillant activement au bien-être intérieur du pays, eurent continuellement à lutter contre les Perses qui voulaient reconquérir leur province perdue. Pendant des années, avec le secours des mercenaires grecs, ils bataillèrent avec héroïsme, mais ils finirent par être écrasés sous le nombre, et en 342, le dernier roi égyptien s’enfuyait en Ethiopie; l’antique monarchie avait jeté son dernier éclat.

Les Perses saccagèrent consciencieusement le pays qui, au cours de la XXXme dynastie, s’était remis à prospérer, mais ils ne devaient jouir de leur triomphe que dix ans à peine et quand Alexandre parut, il fut salué comme un sauveur. C’était une Egypte toute nouvelle qui commençait, l’Egypte grecque, désormais intimement liée à l’histoire du monde méditerranéen, de ce monde à la civilisation duquel elle avait si largement contribué.


L’Exode des Hébreux

Je dois ajouter encore un mot sur l’événement de l’histoire d’Egypte qui nous est le plus familier, l’Exode des Hébreux; pour les Egyptiens eux-mêmes, le fait n’était ni glorieux ni important, aussi ne faut-il pas s’étonner qu’ils n’en font pas la moindre mention; dans les livres de Moïse, le roi sous lequel eut lieu l’Exode n’est pas nommé, aussi la date ne peut-elle être fixée de façon certaine. L’opinion traditionnelle, presque universellement acceptée aujourd’hui, est que la persécution des Juifs eut lieu à partir de Ramsès II et la sortie d’Egypte sous Menephtah; cependant dans la stèle racontant son triomphe en Syrie, en l’an 5, ce dernier roi parle d’Israël — le mot est écrit en toutes lettres — comme étant fixé dans ce pays, et fortement atteint par la victoire égyptienne. Il est bien difficile de concilier ce fait précis avec la tradition. Une solution qui est à mon avis plus plausible est celle de M. Lieblein qui reporte l’Exode vers la fin de la XVIIIme dynastie: Thoutmès III serait le pharaon de l’oppression et les Juifs auraient quitté l’Egypte sous Amenophis III; deux cents ans plus tard, sous Menephtah, ils devaient donc être installés en Palestine. Ce système a l’avantage d’expliquer la présence sur les frontières de la Palestine, sous Amenophis IV, de tribus belliqueuses et envahissantes que les lettres des gouverneurs appellent les Khabirou. Ces Khabirou seraient simplement les Hébreux qui, sous la conduite de Josué, commençaient la conquête de la terre promise.

B. MONUMENTS

La masse énorme de monuments du Nouvel Empire qui nous sont parvenus appartiennent presque tous à la période thébaine, tandis que celle des rois du Delta est à peine représentée jusqu’à la XXVIme dynastie, l’époque saïte, qui présente un caractère un peu différent. Ce sera donc surtout d’après les documents thébains, de la XVIIIme à la XXme dynastie, que nous étudierons maintenant la différence qui existe entre le Nouvel Empire et les deux grandes périodes qui le précédèrent.


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