Jusqu’au Nouvel Empire, les seuls modes d’écriture étaient les hiéroglyphes, et l’hiératique qui devient de plus en plus cursif; à partir de l’époque saïte, les scribes, à force de chercher à simplifier leur calligraphie, en arrivent à tracer des signes qui ne rappellent plus que vaguement les hiéroglyphes d’où ils sont dérivés, ni même l’élégant hiératique de la bonne époque. Il s’agit d’un nouveau genre d’écriture, auquel on a donné le nom de démotique et qui finit par être le seul employé à partir des rois perses, pour les lettres, les contrats, les manuscrits de toute sorte, bref pour tout ce qui n’est pas destiné à revêtir un caractère monumental. Ce passage de l’hiératique au démotique correspond exactement à la fin de l’autonomie de l’Egypte.


C’est ce moment-là, quand des rois étrangers viennent définitivement remplacer sur le trône des Pharaons les dynasties indigènes, que nous pouvons considérer comme la fin de la civilisation égyptienne; celle-ci végétera bien encore pendant quelques siècles, elle donnera même dans certains domaines comme l’architecture par exemple, des manifestations originales et vraiment égyptiennes, mais elle ne prospérera plus et dégénérera rapidement. Cette vieille civilisation qui pendant tant de siècles a rayonné sur le monde ancien, lui donnant généreusement tout ce qu’il y avait de bon en elle, est submergée à son tour par les civilisations nouvelles; l’infusion d’un sang jeune se fit sans doute à trop haute dose et, loin de la renouveler, ne put qu’accélérer sa ruine. Désormais l’Egypte ne sera plus qu’une province du monde hellénique, puis du monde romain, au point de vue de la civilisation aussi bien que de la politique.


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