[CHAPITRE IV].—La question du baccalauréat et du certificat d'études
§ 1. La réforme du baccalauréat.—Les maux attribués au baccalauréat.—Le projet de réforme proposé au Sénat.—Après avoir supprimé le diplôme du baccalauréat on propose aussitôt de le remplacer par un autre ne différant du premier que par le nom.—Enfantillage de la réforme.—Les examens dits de passage et leurs conséquences.—Le baccalauréat est un effet et non une cause.—§ 2. L'opinion des universitaires sur le baccalauréat.—Violence de la campagne menée contre le baccalauréat par des professeurs les plus éminents de l'Université.—L'examen du baccalauréat.—Absurdité des questions posées.—Le hasard seul préside aux admissions.—Principes qui dirigent les examinateurs.—Conclusions sévères du Président de la Commission.
[CHAPITRE V].—La question de l'enseignement moderne et de l'enseignement professionnel
§ 1. L'enseignement moderne.—Histoire de cet enseignement.—Pourquoi, avec des programmes excellents, il a abouti à des résultats pitoyables.—L'opposition de l'Université.—Opinion du Ministre de l'Instruction publique sur le sort des déclassés créés par l'Université et sur l'impuissance de cette dernière à préparer à la vie économique et à l'action.—§ 2. L'enseignement professionnel.—Il est donné en France par les méthodes universitaires, c'est-à-dire par l'emploi exclusif des démonstrations au tableau et des manuels.—Les préjugés des classes dirigeantes.—L'évolution économique actuelle du monde leur échappe entièrement.—Importance de la technique.—Insuffisance complète de l'enseignement professionnel en France et son développement en Allemagne.—État misérable de notre enseignement industriel et agricole.—Extraits des rapports.—Ce sont surtout les préjugés de l'opinion qui entravent l'évolution des sociétés latines et les obligent à procéder par bonds désordonnés qui ne font, le plus souvent, que les ramener en arrière.—La tyrannie des morts.
[CHAPITRE VI].—La question de l'éducation
§ 1. Incertitude des principes universitaires en matière d'éducation.—L'Université ne s'est pas montrée plus apte à donner une bonne éducation qu'une instruction convenable.—Elle proclame bien haut les bienfaits d'une bonne éducation, mais est encore à la recherche des méthodes.—Pauvreté des rares projets d'éducation formulés devant la Commission.—La plupart des professeurs n'ont aucune idée bonne ou mauvaise en matière d'éducation.—§ 2. La discipline universitaire comme base unique de l'éducation universitaire.—En pratique, toute l'éducation universitaire se borne à la lourde discipline du lycée, destinée principalement à maintenir le silence dans les salles où se trouvent les élèves.—Illusions de quelques auteurs de l'enquête sur l'utilité de s'adresser à la raison des élèves.—Résultats obtenus par les éducateurs anglais en s'adressant à l'intérêt de l'élève et non à sa raison.—Motifs de l'impuissance des parents français à éduquer convenablement leurs enfants.—C'est à l'éducation universitaire que les Latins doivent en partie leur égoïsme individuel.—C'est à leur éducation que les Anglais doivent l'égoïsme collectif qui est un des grands facteurs de la puissance politique de l'Angleterre.
LIVRE V
PSYCHOLOGIE DE L'INSTRUCTION ET DE L'ÉDUCATION
[CHAPITRE PREMIER].—Les bases psychologiques de l'instruction
§ 1. Les fondements psychologiques de l'instruction, d'après les idées universitaires.—Pourquoi les déposants de l'enquête ont disserté longuement sur l'instruction sans se demander comment les choses pénètrent dans l'esprit et s'y fixent.—Tout le monde étant d'accord sur le principe de l'enseignement mnémonique, personne ne pouvait songer à le discuter.—§ 2. Théorie psychologique de l'instruction et de l'éducation.—Transformation du conscient en inconscient.—Toute éducation consiste dans l'art de faire passer le conscient dans l'inconscient.—On y arrive par la création d'associations, d'abord conscientes, qui deviennent inconscientes ensuite.—La loi des associations et la création des réflexes.—La dissociation des réflexes.—Leur domination.—L'homme n'est sorti de la barbarie qu'après avoir appris à dominer ses réflexes héréditaires.—La discipline interne.—L'éducation doit agir sur l'inconscient de l'enfant et non sur sa faible raison.—Les principes qui précèdent s'appliquent à toutes les choses qui peuvent s'enseigner.—Les lois d'acquisition sont les mêmes pour toutes les branches de l'instruction et de l'éducation.—§ 3. Comment la théorie des associations conscientes devenues inconscientes explique la formation des instincts et celle des caractères des peuples.—Application des principes généraux qui précèdent à des cas particuliers.—Formation des instincts des animaux.—Formation des caractères des peuples.—Comment l'expérience crée l'habitude et comment celle-ci finit par devenir héréditaire, c'est-à-dire un instinct, et constitue alors un caractère de race.—§ 4. La pédagogie actuelle.—Opinion des professeurs sur la faible valeur des règles pédagogiques.—Ignorance générale de la psychologie de l'enfant.—Notre pédagogie n'a que l'empirisme pour base.—Possibilité de lui donner une base psychologique.—§ 5. L'instruction expérimentale.—Tout enseignement doit être d'abord expérimental.—L'expérience doit toujours précéder la théorie.—La supériorité de l'instruction anglaise et allemande tient à l'application constante de ce principe.—Ce ne sont pas les sciences seulement, mais l'histoire, les langues, la géographie, etc., qui doivent être enseignées par la méthode expérimentale.
[CHAPITRE II].—Les bases psychologiques de l'éducation
§ 1. But de l'éducation.—L'éducation du caractère a beaucoup plus d'importance que l'instruction.—La valeur d'un homme et son succès dans la vie se mesurent surtout au développement de son caractère.—Qualités de caractère que l'éducation doit savoir développer.—Jugement, initiative, discipline, réflexion, esprit d'observation, solidarité, volonté, etc.—Loin de développer ces aptitudes, l'éducation universitaire les détruit chez ceux qui les possèdent.—§ 2. Méthodes psychologiques d'éducation.—Application de nos principes généraux à des cas déterminés.—Développement de l'esprit d'observation et de précision.—Développement de la discipline, de la solidarité, du coup d'œil, de l'esprit de décision, etc.—Développement de la persévérance et de la volonté.—Importance et nécessité des méthodes à employer.—Les peuples ne périssent jamais par l'abaissement de leur intelligence, mais par l'affaissement de leur caractère.—Dans l'évolution actuelle du monde, les qualités de caractère deviennent de plus en plus nécessaires.