Une foule immense d’étrangers et d’indigènes se presse aux abords du palais.
Au moment où les augustes personnages prennent place dans les voitures de la cour pour faire une promenade dans la ville, les cheiks exécutent une fantasia.
Montés sur leurs chevaux ou juchés sur leurs meharis, les hardis enfants du désert font galoper et bondir sous eux leurs bêtes, les précipitent en avant, les enlèvent et d’un frein nerveux les rejettent brusquement en arrière, sur les jarrets.
Cependant les longues lances garnies d’une houppe de crin, les luisantes carabines se croisent et s’entre-choquent. Bientôt la poudre parle, et la bande, excitée par ce bruit et cette odeur, se rue, se déchaîne en ardents tourbillons, poussant des cris farouches et soulevant le sable alentour.
Mais les équipages s’ébranlent, l’empereur François-Joseph et l’impératrice Eugénie sont en avant, dans une calèche à quatre chevaux attelée à la Daumont.
Le prince de Prusse et la princesse des Pays-Bas suivent dans une voiture semblable.
Le prince Murat vient ensuite dans un panier qu’il conduit lui-même, et après lui diverses calèches où se trouvent les dames d’honneur de l’Impératrice et de la princesse des Pays-Bas.
A quelques pas de la voiture des souverains, le khédive, dans un élégant panier, conduit lui-même un superbe attelage de deux chevaux gris tarbes.
Des piqueurs précèdent le rapide cortége, qu’escorte un détachement des cavas du khédive.