BAL D’ISMAÏLIA


Le soir de ce jour, 18 novembre, un grand bal réunissait, à Ismaïlia, dans le nouveau palais, élevé comme par enchantement, les invités du khédive.

S’il est vrai de dire que les fêtes égyptiennes se distinguent d’ordinaire par leur caractère cosmopolite, que l’on juge de ce que celle-ci dut être. Souverains, princes, ambassadeurs, ministres, officiers supérieurs, savants, artistes, commerçants, industriels, simples employés, tous les pays, tous les rangs, toutes les illustrations, toutes les gloires, étaient là représentés. C’était comme la fête de la fraternité universelle.

Spectacle imposant, qui jamais ne s’était vu, que l’Égypte seule pouvait offrir et que le khédive a eu l’honneur de donner au monde et de léguer à l’histoire.

Le crayon et le pinceau perpétueront aussi le souvenir de cette vaste et mouvante harmonie de couleurs, où les tons les plus criards s’allient aux nuances les plus suaves: éclat des uniformes, pittoresque des costumes, scintillement des décorations, blanches épaules ondoyant sous la lumière des lustres.

A dix heures, une foule énorme se presse sous le péristyle: l’hymne autrichien, l’air de la Reine Hortense, exécutés par la musique militaire, annoncent successivement l’arrivée de l’empereur d’Autriche et de l’impératrice des Français; Leurs Altesses Royales le prince de Prusse, le prince et la princesse des Pays-Bas sont signalés à leur tour.

Le khédive va au haut du perron recevoir ses hôtes augustes.