Nuit calme, douce et claire, comme en a seul l’Orient. La lune surgit à l’horizon au-dessus des montagnes de Syrie; elle s’élève rapidement et bientôt apparaît, ronde et pleine, dans le ciel constellé.

Les étoiles pointent faiblement dans la lumière blanche qu’elle rayonne autour d’elle; mais, à mesure qu’elles s’en écartent, elles brillent plus distinctes dans le bleu assombri du firmament.

De grandes taches lumineuses s’étendent çà et là sur les eaux.

Mais voici que les navires s’illuminent à leur tour et que les mâts et les agrès profilent leurs lignes sombres au milieu des triangles d’étoiles.

Le silence solennel des nuits est troublé; l’onde écume sous les coups de la rame;

l’Aigle est entouré d’embarcations: c’est l’empereur d’Autriche qui monte à bord, puis les princes et les autres personnages.

Réception, souper, feu d’artifice, jamais ces solitaires régions ne furent témoins d’un spectacle pareil. Acclamations et fusées montent ensemble et éclatent dans l’espace.

Puis il vient une heure où tout s’arrête, tombe et s’éteint, où l’immobilité, le silence et la nuit reprennent possession du ciel, du désert et des eaux.


ARRIVÉE DES SOUVERAINS A SUEZ