- 1517: Colegio Mayor de Oviedo.—Colegio de San Millán.
- 1521: Colegio Mayor del Arzobispo.
- 1528: Colegio de Santa María de Burgos.
- 1534: Fondation par l'Empereur du Collège de l'Ordre de Santiago.—Colegio de Santa Cruz de Cañizares.—Collège militaire de l'Ordre de Saint-Jean.—Fondation du Colegio Trilingüe par l'Université.
- 1536: Colegio de la Magdalena.
- 1545: Colegio de Santa Cruz de San Adrián.—Colegio de la Concepción (Huérfanos).
- 1552: Fondation des Collèges militaires des Ordres de Calatrava et d'Alcántara.
- 1560: Colegio de Santa María de los Ángeles.
- 1567: Colegio de los Verdes.
- 1572: Colegio de Guadalupe.
- 1576: Colegio de San Miguel.
- 1592: Fondation par Philippe II du Collège des «Nobles Irlandais».
Mais sous ces brillants dehors on peut déjà deviner les germes de décadence. Le mouvement intellectuel se continue en vertu de la force acquise; mais il va peu à peu se ralentir à mesure que la liberté lui manquera davantage. Les deux forces qui avaient le plus contribué à donner une si forte impulsion aux esprits, la [p. 163] royauté et l'Eglise, commencent, dès qu'éclate la Réforme, à s'inquiéter des progrès de leur œuvre. Une surveillance de plus en plus étroite réprime toute recherche un peu indépendante. Le Suprême Conseil de l'inquisition étend sur l'enseignement un contrôle qui le paralyse.
Ferdinand et Isabelle avaient exempté de tous droits les livres étrangers qui pénétraient en Espagne, par la raison «qu'ils rapportaient à la fois honneur et profit au royaume en permettant aux hommes de s'instruire». Le Saint-Office s'impose la tâche d'examiner tous les ouvrages imprimés et fait publier en 1550 par l'Empereur son premier Index Expurgatoire. A partir de ce moment, aucun ouvrage ne peut plus être publié dans la Péninsule sans une licence spéciale: aucun livre de France ou d'Allemagne ne peut passer la frontière sans un permis de circulation. L'édit de 1558 punit de mort toute personne qui vendra, achètera ou gardera en sa possession un volume prohibé. Plus tard encore, toujours pour éviter la contagion du luthéranisme, Philippe II interdit à tout Espagnol d'aller étudier en pays étranger.
Comme l'hérésie a commencé à se propager dans le royaume parmi les gens de savoir, c'est [p. 164] sur les maîtres les plus doctes que se portent surtout les soupçons. On voit avec effroi la persécution s'abattre sur un homme comme Fray Luis de León, poète éminent, helléniste distingué, hébraïsant du premier mérite, une des gloires de Salamanque.
Dénoncé à l'inquisition pour avoir reçu des Flandres quelques livres suspects, accusé d'avoir voulu dépouiller le Cantique de Salomon de son sens mystique et surnaturel, il est conduit dans la prison de Valladolid; après cinq années d'examens et d'interrogatoires, il est soumis à la question; relâché enfin, faute de preuves, il vient reprendre ses leçons «avec la même quiétude et la même allégresse d'âme» et, pour effacer d'un mot le souvenir de la dure épreuve, simplement, il recommence son cours par les paroles consacrées: «Ainsi que je vous le disais hier...»
De tels exemples sont bien faits pour réprimer tout esprit d'initiative. Une inquiétude universelle pèse sur la pensée. Les purs érudits, dont les travaux semblent pourtant bien éloignés des questions de dogme, tremblent d'avoir, sans s'en douter, porté quelque atteinte à l'orthodoxie: de timides humanistes, en soumettant [p. 165] leurs livres à l'examen du Saint-Office, s'excusent d'y avoir fait trop d'allusions à la mythologie. Même dans le domaine scientifique, toute innovation semble dangereuse. En 1568, on s'était avisé d'ouvrir pour la première fois, à Salamanque, une salle de dissection: on la ferme prudemment huit ans après et l'on supprime du même coup l'enseignement de l'anatomie.
Le résultat d'une telle suspicion et d'une telle crainte, c'est que l'enseignement se rétrécit, s'interdit toute libre échappée.
Au dehors rien n'est changé. Les Statuts ne sont pas modifiés, ni la forme des examens, ni les modes de recrutement des professeurs. Le grand corps universitaire continue sa vie normale, il accomplit ses fonctions avec la même régularité solennelle. Mais la flamme intérieure s'est éteinte, et après le trop court affranchissement d'une Renaissance éphémère on en revient insensiblement aux traditions de l'enseignement scolastique. De nouveau le principe d'autorité domine et stérilise. Au commencement du dix-septième siècle, il y a beaucoup plus d'étudiants en Espagne qu'il n'y en avait au commencement du quinzième, il y a dix fois plus d'Universités; mais pour les méthodes [p. 166] d'instruction il n'y a pas grande différence entre ces deux époques: on a renoué les deux bouts de la chaîne.
Au commencement du quinzième siècle, la rareté et le prix élevé des manuscrits obligeaient le maître à dicter aux étudiants «le livre de texte» dont il était seul à posséder l'exemplaire[ 187]. Au dix-septième siècle, quoique l'imprimerie ait multiplié les volumes, on dicte de même et le texte et le commentaire.
[!--Note--] 187 ([retour])
C'est pourquoi dans le langage des Ecoles le mot lire est l'équivalent du mot enseigner.