[!--Note--] 196 ([retour])
Dix canonistes et cinq théologiens, y compris le Recteur et les trois conseillers qu'on lui donnait comme auxiliaires.
On ne pouvait sortir dans la ville sans être accompagné d'un camarade ou d'un domestique. Dans la maison et hors de la maison, on ne devait parler que le latin, même dans les conversations familières.
Chaque année, les boursiers nommaient eux-mêmes leur Recteur dont les pouvoirs étaient fort étendus, puisqu'il réunissait dans ses mains l'administration financière et la direction morale et qu'il avait, en cas de faute grave, le droit d'exclusion[ 197].
[!--Note--] 197 ([retour])
La hiérarchie des peines était, il faut en convenir, assez mal établie. Le premier et le second avertissements comportaient la privation de vin pendant une semaine; le troisième, l'exclusion définitive.
Tout d'ailleurs dans ce groupement démocratique était également soumis à l'élection: on [p. 180] élisait jusqu'au dépensier et jusqu'au cuisinier. Enfin, privilège infiniment honorable, les boursiers étaient chargés de pourvoir eux-mêmes aux vacances qui se produisaient parmi eux: après avoir assisté à la messe et discuté les titres des candidats, ils s'engageaient par serment à voter pour le plus digne et choisissaient leur nouveau collègue dans la liberté de leur conscience.
Quand expiraient les huit années, qui étaient la durée ordinaire de la bourse et le temps normal des études, le plus pauvre pouvait rechercher les grades coûteux de la licence et même du doctorat: la communauté payait encore pour lui toutes les dépenses[ 198].
[!--Note--] 198 ([retour])
Est-il besoin de faire remarquer combien ces Constitutions se rapprochent de celles qui régissaient, au Moyen-Age, les Collèges parisiens et particulièrement la première maison de Robert Sorbon?
C'est à peu près sur ce modèle que se constituèrent dans la suite les cinq autres grands Collèges: à Salamanque, celui de Cuenca[ 199], celui d'Oviedo[ 200], celui de l'Archevêque[ 201]; à Valladolid, [p. 181] celui de Santa Cruz[ 202]; à Alcalá, celui de San Ildefonso.
[!--Note--] 199 ([retour])
Fondé, en 1500, par D. Diego Ramírez de Villaescusa, évêque de Cuenca.
[!--Note--] 200 ([retour])
Fondé, en 1517, par D. Diego Minguez de Bendaña Oanes, évêque d'Oviedo.