[!--Note--] 201 ([retour])
Fondé, en 1521, par D. Alonso de Fonseca, archevêque de Santiago, puis de Tolède.

[!--Note--] 202 ([retour])
Fondé, en 1484, par le cardinal D. Pedro González de Mendoza, archevêque de Tolède.

Régis par ces principes intelligents, soumis à ces austères disciplines, ils eurent tous les six d'heureuses destinées, fournirent aux Écoles d'excellents élèves et d'excellents maîtres, à l'Église des prélats insignes et aux rois de bons serviteurs.

Pour ne parler que de ceux de Salamanque, en un demi-siècle, le Collège de Cuenca donna à l'Espagne six cardinaux, vingt archevêques, huit vice-rois; le Collège d'Oviedo, trois gouverneurs de royaumes, quatre Grands Inquisiteurs, soixante-sept évêques, dix-neuf archevêques, quatre cardinaux et un saint.

Le Collège de San Bartolomé put s'enorgueillir d'avoir nourri dans ses murs San Juan de Sahagún, «Apôtre de Salamanque», «Ange de paix» et «Martyr de la Pénitence», et le fameux Tostado, «le premier Salomon d'Espagne et le deuxième du monde».

Au milieu du dix-septième siècle, sur cinq cents «collégiaux» qu'il avait alors formés, il [p. 182] comptait: six cardinaux, quatre-vingt-quatre archevêques et évêques, six Pères du Concile de Trente, huit gouverneurs, neuf vice-rois, dix présidents de Castille, vingt-quatre présidents de divers Conseils, sept Grands Inquisiteurs, douze capitaines généraux, dix-huit ambassadeurs, sans compter les conseillers et auditeurs de la Sainte Rote, chanoines, grands d'Espagne, títulos de Castille, commandeurs et chevaliers des Ordres militaires[ 203]. Un proverbe disait: «Bartolomé remplit le monde», Todo el mundo está lleno de Bartolomicos[ 204].

[!--Note--] 203 ([retour])
D. Francisco Ruiz de Vergara y Álava, Historia del Colegio Viejo de S. Bartolomé, Mayor de la célebre Universidad de Salamanca (1661).—Corregida y aumentada por D. Joseph de Roxas y Contreras. Madrid, 1766.

[!--Note--] 204 ([retour])
Tesoro de Covarrubias, au mot Bartolomico.—Cf. Lope de Vega, El Bobo del Colegio, II, 4: «Fabio. Quatre Collèges, que l'on nomme les Mayores, portent au ciel cet édifice (L'Université de Salamanque).—Garcerán. Que de personnages fameux et insignes, qui se sont illustrés dans les Conseils du Roi ou dans les saints Ordres, sont sortis de ces maisons!»

Malheureusement, pendant ces longues années de prospérité, les Grands Collèges se modifièrent profondément. On peut suivre dans leurs Réglements les changements successifs qui finirent [p. 183] par en transformer complètement le caractère.

C'est d'abord l'esprit même de l'institution qui s'altère. On cesse peu à peu d'imposer aux postulants la condition de pauvreté. On commence par accorder qu'ils pourront avoir deux cents ducats, puis davantage. Des jeunes gens riches finissent par solliciter des bourses et, comme ils sont bien soutenus, ils les obtiennent.—C'est alors la discipline qui perd de sa rigueur: la vie devient plus luxueuse et plus libre. De nouvelles prescriptions insérées dans les Statuts, et qui ne devaient pas être inutiles, laissent deviner que le Collège n'est plus comme autrefois une maison d'humilité et de vertu: «Défense aux boursiers d'avoir des chevaux et des appartements dans la ville.—Défense aux boursiers de faire entrer dans le Collège aucune femme suspecte, seule ou accompagnée.—Défense aux boursiers de visiter les couvents de nonnes où ils n'ont pas une sœur ou pour le moins une parente du troisième degré[ 205]...» Naturellement, l'on travaille moins depuis que la règle est devenue plus indulgente; mais les [p. 184] boursiers s'arrangent bientôt de telle sorte qu'ils n'ont plus besoin de travailler pour réussir.