Ces grandes communautés séculières, qui avaient été pour les Universités des auxiliaires précieux, devinrent ainsi pour elles une perpétuelle occasion de trouble et de discrédit: elles y introduisirent de fatales tendances, elles contribuèrent à en diminuer le prestige.

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CHAPITRE IV.

LUTTES INTÉRIEURES DES UNIVERSITÉS ET DÉSORDRES DES ÉTUDIANTS.

Une dernière raison de la décadence des Universités ce sont les luttes et les désordres qui commencent dès la fin du seizième siècle à y désorganiser les études.

Ici, les maîtres et les docteurs ont de longs démêlés avec les Municipalités, les Évêques et les Chapitres. Là, les ordres religieux bataillent les uns contre les autres et se disputent des chaires. A Valence, à Valladolid, à Salamanque, les Thomistes et les Suaristes engagent des combats sans fin. A Saragosse, une chaire de philosophie, qualifiée d'«indifférente», et qui n'était réservée spécialement à aucune école, est convoitée également par toutes. Les Franciscains ou Scotistes, qui n'ont pas de cours à eux, la réclament assez justement. Mais les Jésuites[ 210]

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et les Dominicains, qui ont déjà un professeur, aimeraient bien en avoir deux. Tout le monde prend parti dans la querelle, les étudiants, les bourgeois, les autorités et même la Cour; elle ne se termine qu'au bout d'un siècle, par le triomphe des Franciscains[ 211].

[!--Note--] 210 ([retour])
C'est seulement pendant la minorité de Charles II que la reine régente, Marie-Anne d'Autriche, laissa pénétrer dans les grandes Universités l'enseignement des Jésuites: elle fit créer pour eux des chaires où l'on devait expliquer la doctrine de Suárez.