—Tout le monde l'accuse à Capri.
—Pauvre fille! personne ne prend-il sa défense?
—Oh! signor, personne n'oserait la toucher, ni même l'insulter: son seul charme fait sa meilleure défense.
—Allons, Paul, es-tu de mon avis? Veux-tu voir aussi les Sirènes?
—Quand ce ne serait que pour réhabiliter Giovanna, je le ferai certainement.
—Poëte! poëte! je crois que la Sirène a trouvé un vaillant chevalier.
—Mon cher, cela ne te révolte-t-il pas?
—Y pouvons-nous quelque chose?
—Si vous vous croyez assez forts pour résister à l'enchantement des Sirènes, reprit le pêcheur, je vous conduirai, un jour de tempête, derrière un gros rocher qui fait face aux charmeuses: cachés là, vous pourrez tout voir et tout entendre. Mais, je vous en préviens, il y va de la vie, il y va de l'âme peut-être, et je vous laisserai seuls, car rien que d'en parler porte malheur!
—Accepté, digne Pagano! répondit Paul.