Certes il n'y avait pas beaucoup d'hommes aussi maladroits que lui, aussi peu dégourdis, aussi monotones. Ce n'était pas le beau baron de Grimbal qui aurait demandé de cet air niais: «Voulez-vous que je vous aide?» Il aurait aidé, lui, si vif, si drôle, si spirituel. Voilà! C'était un diplomate; il avait couru le monde, rôdé partout, déshabillé et rhabillé sans doute des femmes vêtues suivant toutes les modes de la terre, celui-là!...
L'horloge de l'église sonna les trois quarts. Elle se dressa, regarda le cadran, se mit à rire en murmurant «Oh! doit-il être agité!» puis elle partit d'une marche plus vive, et sortit du square.
Elle n'avait point fait dix pas sur la place quand elle se trouva nez à nez avec un monsieur qui la salua profondément.
—Tiens, vous, baron?—dit-elle, surprise. Elle venait justement de penser à lui.
—Oui, madame.
Et il s'informa de sa santé, puis, après quelques vagues propos, il reprit:
—Vous savez que vous êtes la seule—vous permettez que je dise de mes amies, n'est-ce pas?—qui ne soit point encore venue visiter mes collections japonaises.
—Mais, mon cher baron, une femme ne peut aller ainsi chez un garçon!
—Comment! comment! en voilà une erreur quand il s'agit de visiter une collection rare!
—En tout cas, elle ne peut y aller seule.