—Est-elle changée, depuis trois ans? Je ne l'aurais pas reconnue, je ne vais plus oser la tutoyer.
La comtesse se mit à rire.
—Ah! par exemple! Je voudrais bien vous voir dire «vous» à Annette.
La jeune fille, dont la future crânerie apparaissait sous des airs timidement espiègles, reprit:
—C'est moi qui n'oserai plus dire «tu» à M. Bertin.
Sa mère sourit.
—Garde cette mauvaise habitude, je te la permets. Vous referez vite connaissance.
Mais Annette remuait la tête.
—Non, non. Ça me gênerait.
La duchesse, l'ayant embrassée, l'examinait en connaisseuse intéressée.