Le garde champêtre avait justement trouvé M. Putoin, le juge d'instruction, au moment où il enfourchait son cheval pour faire sa promenade de tous les jours, car il posait pour le beau cavalier, à la grande joie des officiers.
Il mit pied à terre avec le capitaine, et serra les mains du maire et du docteur, en jetant un regard de fouine sur la veste de toile que gonflait le corps couché dessous.
Quand il fut bien au courant des faits, il fit d'abord écarter le public que les gendarmes chassèrent de la futaie, mais qui reparut bientôt dans la prairie, et forma haie, une grande haie de têtes excitées et remuantes tout le long de la Brindille, de l'autre côté du ruisseau.
Le médecin, à son tour, donna des explications que Renardet écrivait au crayon sur son agenda. Toutes les constatations furent faites, enregistrées et commentées sans amener aucune découverte. Maxime aussi était revenu sans avoir trouvé trace des vêtements.
Cette disparition surprenait tout le monde, personne ne pouvant l'expliquer que par un vol; et, comme ces guenilles ne valaient pas vingt sous, ce vol même était inadmissible.
Le juge d'instruction, le maire, le capitaine et le docteur s'étaient mis eux-mêmes à chercher deux par deux, écartant les moindres branches le long de l'eau.
Renardet disait au juge: «Comment se fait-il que ce misérable ait caché ou emporté les hardes et ait laissé ainsi le corps en plein air, en pleine vue?»
L'autre, sournois et perspicace, répondit: «Hé! hé!» Une ruse peut-être? Ce crime a été commis ou par une brute ou par un madré coquin. Dans tous les cas, nous arriverons bien à le découvrir.»
Un roulement de voiture leur fit tourner la tête. C'étaient le substitut, le médecin et le greffier du tribunal qui arrivaient à leur tour. On recommença les recherches tout en causant avec animation.
Renardet dit tout à coup: «Savez-vous que je vous garde à déjeuner?»