L'autre, comprenant soudain que son allure devait être étrange, perdit contenance, balbutia: «Mais non... mais non.... Seulement, j'ai sauté du lit pour vous demander cette lettre.... Je dormais.... Vous comprenez?...»
Un vague soupçon passa dans l'esprit de l'ancien soldat.
Il reprit: «Qué lettre?»
—Celle que vous allez me rendre.
Maintenant, Médéric hésitait, l'attitude du maire ne lui paraissait pas naturelle. Il y avait peut-être un secret dans cette lettre, un secret de politique. Il savait que Renardet n'était pas républicain, et il connaissait tous les trucs et toutes les supercheries qu'on emploie aux élections.
Il demanda: «A qui qu'elle est adressée, c'te lettre?
—A M. Putoin, le juge d'instruction; vous savez bien, M. Putoin, mon ami!»
Le piéton chercha dans les papiers et trouva celui qu'on lui réclamait. Alors il se mit à le regarder, le tournant et le retournant dans ses doigts, fort perplexe, fort troublé par la crainte de commettre une faute grave ou de se faire un ennemi du maire.
Voyant son hésitation, Renardet fit un mouvement pour saisir la lettre et la lui arracher. Ce geste brusque convainquit Médéric qu'il s'agissait d'un mystère important et le décida à faire son devoir, coûte que coûte.
Il jeta donc l'enveloppe dans son sac et le referma, en répondant: