—Alors faites quelque chose pour lui, Philippe!

En lui parlant, elle le nommait «Philippe» et moi «Auguste».

Il se mit à crier comme un forcené:

—Pour cette crapule-là, jamais, pour ce vaurien, ce repris de justice ce … ce … ce…

Et il en trouva des noms pour moi, comme s'il n'avait cherché que ça toute sa vie.

J'allais me fâcher, maman me fait taire, et elle lui dit:

—Vous voulez donc qu'il meure de faim, puisque je n'ai rien, moi.

Il répliqua, sans se troubler:

—Rosette, je vous ai donné trente-cinq mille francs par an, depuis trente ans, cela fait plus d'un million. Vous avez vécu par moi en femme riche, en femme aimée, j'ose dire, en femme heureuse. Je ne dois rien à ce gueux qui a gâté nos dernières années; et il n'aura rien de moi. Il est inutile d'insister. Nommez-lui l'autre si vous voulez. Je le regrette, mais je m'en lave les mains.

Alors, maman se tourne vers moi. Je me disais: «Bon … v'là que je retrouve mon vrai père … s'il a de la galette, je suis un homme sauvé…»