Il gémit: «J’en ai assez, nom d’un chien!» Alors Sorieul devint paternel. Il le délivra de tous ses liens, le fît asseoir, le tutoya, et, pour le réconforter, nous nous mîmes tous trois à préparer bien vite un nouveau punch. Le voleur, tranquille dans son fauteuil, nous regardait. Quand la boisson fut prête, on lui tendit un verre; nous lui aurions volontiers soutenu la tête, et on trinqua.

Le prisonnier but autant qu’un régiment. Mais, comme le jour commençait à paraître, il se leva, et, d’un air fort calme: «Je vais être obligé de vous quitter, parce qu’il faut que je rentre chez moi.»

Nous fûmes désolés; on voulut le retenir encore, mais il se refusa à rester plus longtemps.

Alors on se serra la main, et Sorieul, avec sa bougie, l’éclaira dans le vestibule, criant: «Prenez garde à la marche sous la porte cochère.»

On riait franchement autour du conteur. Il se leva, alluma sa pipe, et il ajouta, en se campant en face de nous:

«Mais le plus drôle de mon histoire, c’est qu’elle est vraie.»

NUIT DE NOËL

«Le Réveillon! le Réveillon! Ah! mais non, je ne réveillonnerai pas!»

Le gros Henri Templier disait cela d’une voix furieuse, comme si on lui eût proposé une infamie.

Les autres, riant, s’écrièrent: «Pourquoi te mets-tu en colère?»