LE JUGE DE PAIX, paternel.—Que voulez-vous; chère dame, je n'y peux rien. Vous lui avez donné votre terre du Bec-de-Mortin par acte parfaitement régulier. C'est à lui, bien à lui. Il avait le droit incontestable de faire ce qu'il a fait et de l'apporter en dot à sa femme. Je n'ai pas à entrer dans les questions de... de... délicatesse.... Je ne peux envisager les faits qu'au point de vue de la loi. Je n'y peux rien.

LE PÈRE PATURON, d'une voix fière.—J'pourrais ti r'tourner cheuz nous?

LE JUGE.—Parfaitement. (Ils s'en vont sous les regards sympathiques des paysans, comme des gens dont la cause est gagnée. Mme Bascule sanglote sur son banc.)

LE JUGE DE PAIX, souriant.—Remettez-vous, chère dame. Voyons, voyons, remettez-vous... et... si j'ai un conseil à vous donner, c'est de chercher un autre... un autre élève....

Mme BASCULE, à travers ses larmes.—Je n'en trouverai pas... pas....

LE JUGE.—Je regrette de ne pouvoir vous en indiquer un. (Elle jette un regard désespéré vers le Christ douloureux et tordu sur sa croix, puis elle se lève et s'en va, à petits pas, avec des hoquets de chagrin, cachant sa figure dans son mouchoir.)

LE JUGE DE PAIX se tourne vers son greffier, et, d'une voix goguenarde.—Calypso ne pouvait se consoler du départ d'Ulysse. (Puis d'une voix grave:)

Appelez les affaires suivantes.

LE GREFFIER bredouille.—Célestin Polyte Lecacheur.—Prosper Magloire Dieulafait....