Il fait ici un temps affreux. La neige voltige [CLXIX] encore dans l'air, le thermomètre descend toutes les nuits à 2 ou 3 degrés au-dessous de zéro. C'est horrible. Mon influenza m'a fait assez de mal. Quelle horrible maladie!
Je suis à la fin tout à fait, mais j'ai eu une mauvaise période. Rien de nouveau.
Cet affreux hiver m'a tellement lassé et fatigué, que si je trouve quelque chose de chaud à Nice pour l'hiver prochain, je ne passerai pas de si longues périodes dans le Nord.
On me dit qu'il ne fait pas trop beau non plus en ce moment dans le Midi. Est-ce-vrai?
J'ai un besoin fou de soleil et d'air pur.
Je t'embrasserai dans bien peu de jours, ma bien chère mère, car j'espère toujours pouvoir partir dimanche. Je compte passer à Nice avril et mai. Juin à Paris, car c'est le plus joli mois de cette ville. Puis je reviendrai prendre mon bateau pour aller sur les côtes d'Espagne ou pour rôder sur celles de France. Il est certain maintenant que mon roman ne paraîtra qu'à l'automne, mais Musotte me permet d'attendre.
Je suis joyeux et content de te revoir, et je t'envoie tous mes baisers à pleins bras.
J'embrasse Simone et je dis mille choses affectueuses à Marie-Thérèse.
Ton fils,
Guy.