Il demeura perclus de surprise:—«Hein? tu dis? mais tu es folle? Un autre enfant? Ah! mais non, par exemple! C'est déjà trop d'un pour piailler, occuper tout le monde et coûter de l'argent. Un autre enfant! merci!»
Elle le saisit dans ses bras, le baisa, l'enveloppa d'amour, et, tout bas: «Oh! je t'en supplie, rends-moi mère encore une fois.»
Mais il se fâcha comme si elle l'eût blessé: «Ça vraiment, tu perds la tête. Fais-moi grâce de tes bêtises, je te prie.»
Elle se tut et se promit de le forcer par ruse à lui donner le bonheur qu'elle rêvait.
Alors elle essaya de prolonger ses baisers, jouant la comédie d'une ardeur délirante, le liant à elle de ses deux bras crispés en des transports qu'elle simulait. Elle usa de tous les subterfuges; mais il restait maître de lui; et pas une fois il ne s'oublia.
Alors, travaillée de plus en plus par son désir acharné, poussée à bout, prête à tout braver, à tout oser, elle retourna chez l'abbé Picot.
Il achevait son déjeuner; il était fort rouge, ayant toujours des palpitations après ses repas. Dès qu'il la vit entrer, il s'écria: «Eh bien?» désireux de savoir le résultat de ses négociations.
Résolue maintenant et sans timidité pudique, elle répondit immédiatement: «Mon mari ne veut plus d'enfants.» L'abbé se retourna vers elle, intéressé tout à fait, prêt à fouiller avec une curiosité de prêtre dans ces mystères du lit qui lui rendaient plaisant le confessionnal. Il demanda: «Comment ça?» Alors, malgré sa détermination, elle se troubla pour expliquer: «Mais il... il... il refuse de me rendre mère.»
L'abbé comprit, il connaissait ces choses; et il se mit à interroger avec des détails précis et minutieux, une gourmandise d'homme qui jeûne.