Le prêtre se leva, frémissant:—«C'est la lâcheté qui vous conseille, Madame, je vous croyais autre. Vous êtes indigne de la miséricorde de Dieu!»

Elle tomba à ses genoux:—«Oh! je vous en prie, ne m'abandonnez pas, conseillez-moi!»

Il prononça d'une voix brève:—«Ouvrez les yeux de M. de Fourville. C'est à lui qu'il appartient de rompre cette liaison.»

A cette pensée une épouvante la saisit:—«Mais il les tuerait! Monsieur l'abbé! Et je commettrais une dénonciation! Oh! pas cela, jamais!»

Alors, il leva la main comme pour la maudire, tout soulevé de colère:—«Restez dans votre honte et dans votre crime; car vous êtes plus coupable qu'eux. Vous êtes l'épouse complaisante! Je n'ai plus rien à faire ici.»

Et il s'en alla, si furieux que tout son corps tremblait.

Elle le suivit éperdue, prête à céder, commençant à promettre. Mais il demeurait vibrant d'indignation, marchant à pas rapides en secouant de rage son grand parapluie bleu presque aussi haut que lui.

Il aperçut Julien debout près de la barrière, dirigeant des travaux d'ébranchage; alors il tourna à gauche pour traverser la ferme des Couillard; et il répétait: «Laissez-moi, Madame, je n'ai plus rien à vous dire.»

Juste sur son chemin, au milieu de la cour, un tas d'enfants, ceux de la maison et ceux des voisins, attroupés autour de la loge de la chienne Mirza, contemplaient curieusement quelque chose, avec une attention concentrée et muette. Au milieu d'eux le baron, les mains derrière le dos, regardait aussi avec curiosité. On eût dit un maître d'école. Mais, quand il vit de loin le prêtre, il s'en alla pour éviter de le rencontrer, de le saluer, de lui parler.

Jeanne disait, suppliante:—«Laissez-moi quelques jours, Monsieur l'abbé, et revenez au château. Je vous raconterai ce que j'aurai pu faire, et ce que j'aurai préparé; et nous aviserons.»