Je demeurais stupéfait du résultat de ma démarche pieuse. Je ne savais que dire ni que faire. Mais j’avais à compléter ma mission. Je repris: «Elle m’a chargé de vous remettre ses économies, qui montent à deux mille trois cents francs. Comme ce que je viens de vous apprendre semble vous être fort désagréable, le mieux serait peut-être de donner cet argent aux pauvres.»
Ils me regardaient, l’homme et la femme, perclus de saisissement.
Je tirai l’argent de ma poche, du misérable argent de tous les pays et de toutes les marques, de l’or et des sous mêlés. Puis je demandai: «Que décidez-vous?»
Mme Chouquet parla la première: «Mais, puisque c’était sa dernière volonté, à cette femme... il me semble qu’il nous est bien difficile de refuser.»
Le mari, vaguement confus, reprit: «Nous pourrions toujours acheter avec ça quelque chose pour nos enfants.»
Je dis d’un air sec: «Comme vous voudrez.»
Il reprit: «Donnez toujours, puisqu’elle vous en a chargé; nous trouverons bien moyen de l’employer à quelque bonne œuvre.»
Je remis l’argent, je saluai, et je partis.
Le lendemain Chouquet vint me trouver et, brusquement: «Mais elle a laissé ici sa voiture, cette... cette femme. Qu’est-ce que vous en faites de cette voiture?
—«Rien, prenez-la si vous voulez.