LE BÛCHER.
Lundi dernier est mort à Étretat un prince indien, Bapu Sahib Khanderao Ghatgay, parent de Sa Hautesse le Maharaja Gaikwar, prince de Baroda, dans la province de Gujarath, présidence de Bombay.
Depuis trois semaines environ, on voyait passer par les rues une dizaine de jeunes Indiens, petits, souples, tout noirs de peau, vêtus de complets gris et coiffés de toques de palefreniers anglais. C’étaient de hauts seigneurs, venus en Europe pour étudier les institutions militaires des principales nations de l’Occident. La petite troupe se composait de trois princes, d’un noble ami, d’un interprète et de trois serviteurs.
Le chef de la mission était celui qui vient de mourir, vieillard de quarante-deux ans et beau-père de Sampatrao Kashivao Gaikwar, frère de Sa Hautesse le Gaikwar de Baroda.
Le gendre accompagnait le beau-père.
Les autres Indiens s’appelaient Ganpatrao Shrâvanrao Gaikwar, cousin de Sa Hautesse Khâsherao Gadhav, Vasudev Madhav Samarth, interprète et secrétaire.
Les esclaves: Râmchandra Bajâji, Ganu bin Pukâram Kokate, Rhambhaji bin Favji.
Au moment de quitter sa patrie, celui qui est mort l’autre jour fut saisi d’une crise affreuse de chagrin, et, persuadé qu’il ne reviendrait pas, il voulut renoncer à ce voyage, mais il dut obéir aux volontés de son noble parent, le prince de Baroda, et il partit.
Ils vinrent passer la fin de l’été à Étretat, et on allait les voir curieusement, chaque matin, prendre leur bain à l’établissement des Roches-Blanches.