—Retournez seul auprès d’elle, elle n’a pas besoin de moi.
Il la regarda follement, abruti de chagrin, et il reprit:
—Vite, vite, elle meurt.
Berthe répondit:
—Vous aimeriez mieux que ce fût moi.
Alors il comprit peut-être, et s’en alla, remontant près de l’agonisante.
Il la pleura sans dissimulation, sans pudeur, indifférent à la douleur de sa femme qui ne lui parlait plus, ne le regardait plus, vivait seule murée dans le dégoût, dans une colère révoltée, et priait Dieu matin et soir.
Ils habitaient ensemble pourtant, mangeaient face à face, muets et désespérés.
Puis il s’apaisa peu à peu; mais elle ne lui pardonnait point.
Et la vie continua, dure pour tous les deux.