Et c’est ainsi que j’appris la chute du Ministère Freycinet.
Le soir venait; le soleil, plus rouge, s’abaissait vers la mer d’un bleu plus sombre. Toute une vallée à gauche était remplie par l’ombre d’un mont; les grillons sonores des pays chauds commençaient à jeter leur cri. Le P. Didon, depuis quelques instants, levait les yeux vers la haute montagne surmontée d’une croix.
—Voulez-vous venir avec moi là-haut, dit-il.
Je le remerciai, car il me fallait gagner Calvi; mais je lui demandai:
—Est-ce que vous allez grimper là?
Il me répondit:
—J’y vais souvent quand le soir approche et je reste jusqu’à la nuit, perdu dans la contemplation de la mer, presque sans idée, admirant par la sensation plutôt que par la pensée.
Il se tut une seconde, puis il ajouta:
—De là-haut je vois les côtes de France.
Je le quittais, quand il m’offrit de visiter sa cellule. Elle est spacieuse et toute blanche, avec une fenêtre ouverte vers la mer; sur sa table des papiers sont épars, pleins d’écriture. Puis je m’en allai.