N’importe, elle pleura bien fort tout de même au moment du dernier adieu.
Je distribuai des baisers de père et des gâteaux à tout le reste de mes femmes, et je partis.
II
Deux ans s’écoulèrent, puis les hasards du service en mer me ramenèrent à Bombay. Par suite de circonstances imprévues on m’y laissa pour une nouvelle mission à laquelle me désignait ma connaissance du pays et de la langue.
Je terminai mes travaux le plus vite possible, et comme j’avais encore trois mois devant moi, je voulus aller faire une petite visite à mon ami, le roi de Ganhara, et à ma chère petite femme Châli que j’allais trouver bien changée sans doute.
Le Rajah Maddan me reçut avec des démonstrations de joie frénétiques. Il fit égorger devant moi trois gladiateurs, et il ne me laissa pas seul une seconde pendant la première journée de mon retour.
Le soir enfin, me trouvant libre, je fis appeler Haribadada, et après beaucoup de questions diverses, pour dérouter sa perspicacité, je lui demandai: «Et sais-tu ce qu’est devenue la petite Châli que le Rajah m’avait donnée.»
L’homme prit une figure triste, ennuyée, et répondit avec une grande gêne:
—Il vaut mieux ne pas parler d’elle!
—Pourquoi cela. Elle était une gentille petite femme.