Il déclara, d’un air rageur: «Tant mieux pour toi.»

Puis, après avoir réfléchi quelques minutes: «Est-ce que tu tiens à emmener cette grue-là? Elle va nous faire rater notre voyage. Que veux-tu que nous fassions de cette femme qui a l’air de je ne sais quoi? On ne va seulement pas nous recevoir dans un hôtel comme il faut?

Mais je commençais justement à trouver l’Italienne beaucoup mieux que je ne l’avais jugée d’abord, et je tenais, oui, je tenais à l’emmener maintenant. J’étais même ravi de cette pensée, et je sentais déjà ces petits frissons d’attente que la perspective d’une nuit d’amour vous fait passer dans les veines.

Je répondis: «Mon cher, nous avons accepté. Il est trop tard pour reculer. Tu as été le premier à me conseiller de répondre: Oui.»

Il grommela: «C’est stupide! Enfin, fais comme tu voudras.»

Le train sifflait, ralentissait; on arriva.

Je descendis du wagon, puis je tendis la main à ma nouvelle compagne. Elle sauta lestement à terre, et je lui offris mon bras qu’elle eut l’air de prendre avec répugnance. Une fois les bagages reconnus et réclamés, nous voilà partis à travers la ville. Paul marchait en silence, d’un pas nerveux.

Je lui dis: «Dans quel hôtel allons-nous descendre? Il est peut-être difficile d’aller à la Cité de Paris avec une femme, surtout avec cette Italienne.»

Paul m’interrompit: «Oui avec une Italienne qui a plutôt l’air d’une fille que d’une duchesse. Enfin, cela ne me regarde pas. Agis à ton gré!»

Je demeurais perplexe. J’avais écrit à la Cité de Paris pour retenir notre appartement, et maintenant... je ne savais plus à quoi me décider.