Puis, s’adressant à sa fille: «Surtout, ne rentre pas plus tard que dix heures, ce soir; tu sais que la porte est fermée.»
Carlotta répondit: «Ne crains rien, maman.»
Elle prit mon bras, et me voilà errant avec elle par les rues comme avec sa sœur, l’année d’avant.
Je revins à l’hôtel pour déjeuner, puis j’emmenai ma nouvelle amie à Santa Margarita, refaisant la dernière promenade que j’avais faite avec Francesca.
Et, le soir, elle ne rentra pas, bien que la porte dût être fermée après dix heures.
Et pendant les quinze jours dont je pouvais disposer, je promenai Carlotta dans les environs de Gênes. Elle ne me fit pas regretter l’autre.
Je la quittai tout en larmes, le matin de mon départ, en lui laissant, avec un souvenir pour elle, quatre bracelets pour sa mère.
Et je compte, un de ces jours, retourner voir l’Italie, tout en songeant, avec une certaine inquiétude mêlée d’espoirs, que Mme Rondoli possède encore deux filles.
Les Sœurs Rondoli ont paru en feuilleton dans l’Écho de Paris du 29 mai au 5 juin 1884.