Avec une adresse de femme de chambre, et une vivacité d’homme pressé, il déboutonnait, dénouait, dégrafait, délaçait sans repos. Et quand elle voulut se lever et fuir pour échapper à ses audaces, elle sortit brusquement de ses robes, de ses jupes et de son linge toute nue, comme une main sort d’un manchon.

Éperdue, elle courut vers le lit pour se cacher sous les rideaux. La retraite était dangereuse. Il l’y suivit. Mais comme il voulait la joindre et qu’il se hâtait, son sabre, détaché trop vite, tomba sur le parquet avec un bruit retentissant.

Aussitôt une plainte prolongée, un cri aigu et continu, un cri d’enfant partit de la chambre voisine, dont la porte était restée ouverte.

Elle murmura: «Oh! vous venez de réveiller André; il ne pourra pas se rendormir.»

Son fils avait quinze mois et il couchait près de sa mère, afin qu’elle pût sans cesse veiller sur lui.

Le capitaine, fou d’ardeur, n’écoutait pas. «Qu’importe? qu’importe? Je t’aime; tu es à moi, Mathilde.»

Mais elle se débattait, désolée, épouvantée. «Non, non! écoute comme il crie; il va réveiller la nourrice. Si elle venait, que ferions-nous? Nous serions perdus! Étienne, écoute, quand il fait ça, la nuit, son père le prend dans notre lit pour le calmer. Il se tait tout de suite, tout de suite, il n’y a pas d’autre moyen. Laisse-moi le prendre, Étienne...

L’enfant hurlait, poussait ces clameurs perçantes qui traversent les murs les plus épais, qu’on entend de la rue en passant près des logis.

Le capitaine, consterné, se releva, et Mathilde, s’élançant, alla chercher le mioche qu’elle apporta dans sa couche. Il se tut.

Étienne s’assit à cheval sur une chaise et roula une cigarette. Au bout de cinq minutes à peine, André dormait. La mère murmura: «Je vais le reporter maintenant.» Et elle alla reposer l’enfant dans son berceau avec des précautions infinies.