—Moi je les trouve superbes toutes les deux. La mère me suffirait parfaitement.

Servigny le salua:

—A ta disposition, mon cher.

Les danseurs les bousculaient, se mettant en place pour le quadrille, deux par deux et sur deux lignes, face à face.

—Maintenant, allons donc voir un peu les grecs, dit Servigny.

Et ils entrèrent dans le salon de jeu.

Autour de chaque table un cercle d’hommes debout regardait. On parlait peu, et parfois un petit bruit d’or jeté sur le tapis ou ramassé brusquement, mêlait un léger murmure métallique au murmure des joueurs, comme si la voix de l’argent eût dit son mot au milieu des voix humaines.

Tous ces hommes étaient décorés d’ordres divers, de rubans bizarres, et ils avaient une même allure sévère avec des visages différents. On les distinguait surtout à la barbe.

L’Américain roide avec son fer à cheval, l’Anglais hautain avec son éventail de poils ouvert sur la poitrine, l’Espagnol avec sa toison noire lui montant jusqu’aux yeux, le Romain avec cette énorme moustache dont Victor-Emmanuel a doté l’Italie, l’Autrichien avec ses favoris et son menton rasé, un général russe dont la lèvre semblait armée de deux lances de poils roulés, et des Français à la moustache galante révélaient la fantaisie de tous les barbiers du monde.

—Tu ne joues pas? demanda Servigny.