—Non, et toi?

—Jamais ici. Veux-tu partir, nous reviendrons un jour plus calme. Il y a trop de monde aujourd’hui, on ne peut rien faire.

—Allons!

Et ils disparurent sous une portière qui conduisait au vestibule.

Dès qu’ils furent dans la rue, Servigny prononça:

—Eh bien! qu’en dis-tu?

—C’est intéressant, en effet. Mais j’aime mieux le côté femmes que le côté hommes.

—Parbleu. Ces femmes-là sont ce qu’il y a de mieux pour nous dans la race. Ne trouves-tu pas qu’on sent l’amour chez elles, comme on sent les parfums chez un coiffeur. En vérité, ce sont les seules maisons où on s’amuse vraiment pour son argent. Et quelles praticiennes, mon cher! Quelles artistes! As-tu quelquefois mangé des gâteaux de boulanger? Ça a l’air bon, et ça ne vaut rien. L’homme qui les a pétris ne sait faire que du pain. Eh bien! l’amour d’une femme du monde ordinaire me rappelle toujours ces friandises de mitron, tandis que l’amour qu’on trouve chez les marquises Obardi, vois-tu, c’est du nanan. Oh! elles savent faire les gâteaux, ces pâtissières-là! On paie cinq sous chez elles ce qui coûte deux sous ailleurs, et voilà tout.

Saval demanda:

—Quel est le maître de céans en ce moment?